Gould et McLean appellent à la confiance, à l'investissement et à une vision à long terme à l'heure où le Canada fait face à un climat d'incertitude sans précédent

l’Hon. Karina Gould, présidente du Comité permanent des finances et députée libérale à l’événement de présentation du Tableau de bord, 26 mars. | PHOTO: Melanie Shields | PHOTO: Melanie Shields


Des dirigeants politiques de tous horizons ont livré des analyses franches de la situation économique actuelle du Canada dans le cadre de l'événement de présentation du Rapport sur le Tableau de bord de la Coalition pour un avenir meilleur, au cours duquel la députée libérale et ancienne ministre Karina Gould et le député conservateur Greg McLean ont lancé un appel à l'action à l'intention des chefs d'entreprise, des étudiants et des décideurs politiques.

Cet événement, qui s'est tenu à l'école de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa, a réuni des intervenants pour discuter des avancées du Canada selon 21 indicateurs économiques clés, le dernier Tableau de bord de la Coalition servant de toile de fond à une discussion sur la situation économique du pays.

Le Canada a les atouts nécessaires, mais doit agir

Mme Gould a ouvert la séance par un message d’optimisme prudent, reconnaissant qu’il est difficile de ne pas avoir l’impression que la situation échappe à tout contrôle, compte tenu des conflits et des perturbations auxquels sont confrontées les entreprises et les communautés canadiennes.  

S'exprimant en tant que présidente du Comité des finances de la Chambre des communes, elle a déclaré : « Ce que nous entendons sans cesse de la part des experts, des témoins et des entreprises, c'est simplement un sentiment d'incertitude », soulignant que les tensions commerciales actuelles avec les États-Unis constituent une source d'anxiété qui peut sembler échapper à tout contrôle.

Mais elle a souligné qu’il y a des choses « que nous pouvons contrôler et des décisions que nous prenons qui détermineront notre propre avenir ».

À titre d'exemple, on estimait auparavant qu’il faudrait cinq ans au Canada pour atteindre l’objectif de l’OTAN consistant à consacrer 2 % du PIB à la défense. Or, le gouvernement fédéral y est parvenu en un an. 

« Lorsque nous sommes déterminés et que nous prenons des décisions délibérées, nous pouvons faire avancer les dossiers et réaliser de grandes choses », a-t-elle fait valoir.

Mme Gould a également souligné ce qu’elle a qualifié de double avantage remarquable pour le Canada : une abondance de ressources naturelles associée à une capacité de classe mondiale à stimuler l’innovation. 

« Nous sommes si riches en ressources, en produits naturels. Mais nous disposons également d'une autre capacité exceptionnelle : nous sommes les créateurs de l’intelligence artificielle », a rappelé Mme Gould.

Elle a fait valoir que les Canadiens ont l’imagination et la capacité d’agir nécessaires pour façonner le développement de technologies transformatrices comme l’IA, et pour veiller à ce que ces nouveaux outils stimulent la productivité plutôt que de nuire.

« Mon message aujourd’hui… c’est que, lorsqu’il s’agit de domaines comme l’IA, nous avons en fait l’occasion, dès maintenant, de mettre en place des garde-fous pour déterminer si cela va réellement nous aider à décoller en matière de productivité ou si cela va avoir des conséquences négatives. »

Partager des solutions pour une croissance à long terme

Greg McLean, présidé, Parti conservateur Conseil pour la croissance économique et député de Calgary-Centre. | PHOTO: Melanie Shields

Greg McLean, qui préside le Conseil de la croissance économique du Parti conservateur, a ensuite présenté un point de vue forgé par une tournée d’écoute à travers le Canada, au cours de laquelle il a consulté 200 organismes. 

« On ne peut gérer ce qu’on ne mesure pas », a déclaré M. McLean, saluant le modèle du Tableau de bord de la Coalition comme le type de cadre de responsabilisation que le gouvernement fédéral lui-même devrait adopter. « Fixez-vous des objectifs en fonction de ce que vous voulez accomplir et assurez-vous de mesurer vos résultats tout au long du processus. » 

Cette tournée a servi de base à l’élaboration des politiques favorables à la croissance que le Parti conservateur prévoit présenter au cours de l’année qui vient. Une priorité absolue, a déclaré M. McLean, est de réduire les chevauchements réglementaires entre les différents niveaux de gouvernement. M. McLean a fait remarquer que le nombre de réglementations régissant les entreprises est passé de 200 000 à 300 000 au cours de la dernière décennie. Dans ce contexte, il s’est dit ravi de voir qu’Ottawa et l’Alberta sont parvenus à un accord sur la réglementation des émissions de méthane.

Parmi les autres domaines prioritaires pour le conseil figurent : repenser la fiscalité ; renforcer la souveraineté nationale en matière de défense et de données ; développer les infrastructures commerciales pour répondre à la demande croissante de l’Asie ; protéger la propriété intellectuelle canadienne plutôt que de laisser les jeunes entreprises être rachetées par des entreprises étrangères ; et améliorer l’accès au capital pour les entreprises canadiennes en croissance.

En ce qui concerne l'exploitation des ressources naturelles, l'objectif devrait être de ramener le Canada à un niveau d'exploitation raisonnable de ses ressources, a fait valoir M. McLean. Il a toutefois félicité les libéraux fédéraux pour leurs efforts en ce sens.  

Un message fédérateur qui transcende les appartenances politiques

Malgré leurs affiliations politiques différentes, les deux intervenants se sont accordés sur un thème central qui fait écho au mandat de la Coalition pour un avenir meilleur : le Canada n’est pas un pays qui manque d’atouts ou de talents. Ce dont il a besoin aujourd’hui, ce sont des décisions, des structures de responsabilité et une vision à long terme pour transformer le potentiel en prospérité.

Nous traversons une période de chocs et d'incertitude, a rappelé Mme Gould. Mais « quand on regarde le Tableau de bord, c'est tellement clair : nous avons tout ce qu'il faut ici », a-t-elle ajouté. « Nous avons le talent, nous avons les ressources. Il ne nous reste plus qu'à prendre les décisions qui s'imposent pour vraiment garantir que notre avenir économique décolle. »

« C'est d'une croissance à long terme dont nous avons besoin », a conclu M. McLean. Faisant écho au message multipartite de la Coalition pour un avenir meilleur, il a déclaré qu'en matière de solutions politiques, « peu importe quel parti les propose ; ce qui compte, c'est ce qui arrive au pays. Et c'est là notre responsabilité en tant que parlementaires. »

Previous
Previous

Pour la main-d'œuvre de demain, il faut agir dès maintenant face à la crise des compétences

Next
Next

Les Canadiens sont optimistes, mais éprouvent un fort sentiment d'urgence quant à la nécessité d'acquérir de nouvelles compétences