Les Canadiens sont optimistes, mais éprouvent un fort sentiment d'urgence quant à la nécessité d'acquérir de nouvelles compétences

Chef des données et fondateur, Nik Nanos, Nanos Research à l’Événement de présentation du Tableau de bord 26 mars. | PHOTO: Melanie Shields


Les Canadiens tergiversent entre espoir et inquiétude quant à l'orientation économique du pays.

C'est la conclusion principale d'un nouveau sondage national mené par Nanos Research pour la Coalition pour un avenir meilleur. 

Lors de la présentation annuelle des résultats du Tableau de bord, le 26 mars, Nik Nanos, directeur scientifique chez Nanos Research, a fait valoir que ces résultats étaient encourageants. Il a toutefois souligné qu'ils n'étaient pas pour autant satisfaisants. Les Canadiens ont hâte de connaître les détails précis des plans économiques proposés avant de se rallier pleinement à cet optimisme.

« Nous recevons quelque peu favorablement ce que nous entendons, mais nous devons voir quel en sera l'impact concret sur la croissance économique et l’investissement dans l’innovation », a laissé entendre M. Nanos à l’auditoire. 

Il a indiqué que son dernier sondage montrait que 60 % des Canadiens estiment que le pays se dirige dans la bonne direction en ce qui concerne les mesures économiques fondamentales, notamment une forte croissance économique. Et un pourcentage similaire estime que le pays se dirige dans la bonne direction en matière d’investissement dans l’innovation.

Ces perceptions positives ont considérablement augmenté depuis 2024, a déclaré M. Nanos.

« La bonne nouvelle, c’est… que l’on a une vision plus optimiste de notre situation à l'égard de certains indicateurs économiques par rapport au passé », a-t-il confié à l’auditoire.

« Nous recevons quelque peu favorablement ce que nous entendons, mais nous devons voir quel en sera l'impact concret sur la croissance économique et l’investissement dans l’innovation »

Nik Nanos, Chef des données et fondateur, Nanos Research

Dans le même temps, a ajouté M. Nanos, la volonté des Canadiens de s’adapter aux changements actuels n’est pas claire.

Si les Canadiens expriment de l’espoir, ils éprouvent un fort sentiment d’urgence face aux bouleversements causés par l’IA dans leur vie, 80 % des personnes interrogées affirmant qu’il est urgent d’acquérir de nouvelles compétences. Mais les Canadiens ont des « sentiments mitigés » face à cette urgence sous-jacente en matière de compétences. Environ 62 % sont « ouverts » ou « plutôt ouverts » à l’idée d’acquérir une nouvelle compétence professionnelle, mais 31 % estiment que cela ne les concerne pas ou indiquent qu’ils sont à la retraite.

« Je trouve assez frappant que huit Canadiens sur dix considèrent l’acquisition de nouvelles compétences comme une priorité urgente, non pas comme un simple atout, ni comme quelque chose de prévu, mais comme une nécessité pressante », a déclaré M. Nanos.

De même, malgré les inquiétudes manifestées à propos de la sécurité de l’emploi, les gens ne semblent pas aussi disposés qu’auparavant à envisager de changer de vie et de déménager pour le travail. Le sondage de Nanos révèle que 47 % des personnes interrogées indiquent ne pas être disposées à déménager pour le travail. Cette tendance est plus marquée chez les jeunes Canadiens (âgés de 18 à 34 ans), dont plus de la moitié déclarent ne pas être enclins à plier bagage et à déménager pour un emploi.

« C'est vraiment à l'opposé de la situation d'avant la COVID, où la mobilité était beaucoup plus grande », a fait remarquer M. Nanos.

Il a expliqué que cette réticence à déménager pourrait être liée au manque de confiance des gens dans la sécurité d’un nouvel emploi et à l’avènement du télétravail, soulignant qu’il s’agit là d’un « signal important pour les employeurs et la main-d’œuvre de demain ».

Le débat reste ouvert quant à savoir si le Canada s'oriente désormais dans la bonne direction en matière de changements climatiques, a-t-il rapporté. Parmi les questions évaluées dans les récents sondages, c’est le seul domaine où on n'a pas dénoté une perception plus positive de la façon dont le pays s’en sort, a déclaré M. Nanos. Il a constaté que 35 % des personnes interrogées estiment que le pays va dans la bonne direction, tandis que 38 % pensent qu’il va dans la mauvaise direction et 27 % sont indécis.

Le scepticisme est plus marqué chez les jeunes, 42 % d’entre eux estimant que le pays se dirige dans la mauvaise direction en matière de lutte contre les changements climatiques.

Les Canadiens se demandent clairement comment les efforts visant à promouvoir l'innovation et la croissance économique s'inscrivent dans les aspirations environnementales du pays, a noté M. Nanos.

En résumé, il a déclaré : « Voilà où nous en sommes : pleins d’espoir, inquiets et animés par un sentiment d’urgence.

« Nous sommes dans une ère de bouleversements économiques » causés par des changements technologiques et démographiques rapides, et le Canada doit par ailleurs également faire face aux changements climatiques, a affirmé M. Nanos.

Compte tenu de tout cela, il a déclaré que l’engagement de la Coalition en faveur des « données, des idées et de l’action » est plus important que jamais.

Previous
Previous

Gould et McLean appellent à la confiance, à l'investissement et à une vision à long terme à l'heure où le Canada fait face à un climat d'incertitude sans précédent

Next
Next

Les gouvernements et les entreprises doivent agir sans tarder pour surmonter la crise économique : le Rapport sur le Tableau de bord de la Coalition pour un avenir meilleur